Pour qu'il se mette à communiquer, il a fallu cette rencontre avec l'animal. Avec le cheval, le petit Texan a une forme de communication directe.
"On ne peut pas parler de pleine guérison, mais d’une grande amélioration des symptômes"Notre dossier "Santé"
Rowan, du nom de l’arbre aux pouvoirs magiques dans les contes populaires britanniques : c’est ainsi que Kristin et Rupert Isaacson avaient décidé d’appeler leur fils, venu au monde le 27 décembre 2001. Bien que né un mois avant terme, un beau bébé de 3,2 kg qui portera pour deuxième prénom Besa, un guérisseur bushman devenu proche ami du papa. Sept années jour pour jour après la rencontre de Kristin et Rupert est donc né, par un de ces rares jours de gel texan, le fruit d’un grand amour. " Bienvenue dans le monde, Rowan Besa Isaacson, avec tes yeux bleus, bleus, bleus. Quelles aventures as-tu en réserve pour nous ? "
Son père ne croyait pas si bien dire. Des aventures, Rowan va lui en faire vivre. En avril 2004, l’enfant est diagnostiqué autiste. "C’était comme recevoir une batte de baseball en pleine figure", se rappelle Rupert. "Kristin (sa maman), bouddhiste de longue date, se voyait déjà naïvement avoir de longues conversations spirituelles et philosophiques avec l’enfant intelligent, spirituellement et intellectuellement précoce que serait son fils, écrit Rupert Isaacson , dans "L’enfant cheval" , comme tous les nouveaux parents, nous projetions nos propres rêves et désirs sur notre gamin, et pas qu’un peu." Et pourquoi pas ? Après tout.
Rowan a marché tôt et prononcé ses premiers mots avant l’âge d’un an. Tous les espoirs n’étaient-ils pas permis ? "Nous étions ravis, rassurés par sa précocité, poussés à un orgueil silencieux mais démesuré par le reflet de ce que nous imaginions être nos esprits supérieurs. Juste un peu vexés quand, au lieu de prononcer "Maman" et "Papa" comme premiers noms, il apprit tous ceux des trains de Thomas la Locomotive." Le petit formait d’ailleurs de magnifiques motifs avec les trains et les figurines d’animaux, passant des heures et des heures à les aligner de façon étonnamment coordonnée, en fonction de la taille et de la couleur, sur le sol du séjour, observe encore le papa. "Nous applaudissions son sens de l’esthétique, sa perception précoce et apparemment instinctive de la forme, et dans nos fantasmes, nous nous demandions s’il finirait artiste ou architecte."
Mais quand Rowan eut 18 mois, Kristin qui, en tant que psychologue, avait une formation en développement infantile, commença à s’inquiéter. Contrairement aux enfants de cet âge, son petit ne montrait pas du doigt, il n’avait pas ajouté de mots à son vocabulaire limité, il ne présentait pas ses jouets aux autres Et puis, lorsque l’on prononçait son prénom, Rowan ne manifestait pas la moindre réaction. Pour exprimer son désir de manger, il prenait l’adulte par la main et le menait au frigo. On pense alors à un retard de langage. Il voit un orthophoniste et l’ignore superbement.
Surviennent d’impressionnantes colères. Pas des petits caprices d’enfant. Non, de gros orages, plusieurs fois par jour. "Il pouvait être gaiement occupé à aligner ses jouets ou à s’amuser avec le tuyau d’arrosage (l’eau est une de ses nombreuses obsessions), ou même à dormir; l’instant d’après, il hurlait, à la fois de rage et, apparemment, d’une souffrance atroce. Ça pouvait durer des heures. Pourquoi ?" s’interroge le papa dans l’ouvrage.
Il devait y avoir quelque chose qui clochait - mais à aucun moment nous n’avons envisagé l’autisme. Il était tellement ouvert sur le plan affectif ! Il vous regardait dans les yeux. Il venait nous trouver les bras ouverts pour un câlin." Cette attitude mise à part, il fallait se rendre à l’évidence, le petit Texan présentait tous les signes classiquement décrits, laissant présager qu’un enfant est autiste. "Notre enfant avait donc des besoins particuliers", dit Rupert.
Si, à trois ans, il sait à peine parler, il semble paradoxalement aimer les mots, "pas pour communiquer, mais les mots pris un par un qu’il alignait quelques fois dans des listes à moitié articulées d’animaux." Les animaux, la nature, justement. Une balade en forêt, et voilà Rowan serein, empli de joie. Et puis, surtout, il y aura une rencontre, "la" rencontre en fait. Avec Betsy, une jument, qui marque le début d’une grande aventure. "Riant avec ravissement, il s’est jeté par terre, sur le dos, pile aux pieds de la jument dominante, le chef du troupeau, une grande quarter horse baie appelée Betsy", raconte son père, à la fois subjugué et terrorisé à l’idée qu’elle ne piétine son fils. "La jument se soumettait spontanément à l’enfant à terre devant elle. depuis toutes ces années que j’entraînais des chevaux, je n’avais jamais vu ça. Mon fils avait une forme de communication directe avec cet animal. [ ] Quelque chose passait entre eux, une communication directe dont moi, humain neurotypique, je ne ferais jamais l’expérience."
En plus : L'enfant cheval
Hypothérapie. Diagnostiqué autiste alors qu’il n’a que deux ans, Rowan est un petit bonhomme qui, torturé par de violents "orages", semble comme apaisé une fois plongé dans la nature et fasciné par les animaux. C’est à travers l’amour des animaux, et plus particulièrement d’une jument nommée Betsy, que Rupert arrivera à entrer en relation avec son fils. Convaincu des bienfaits de cette thérapie par le cheval sur son fils, le père réalise son rêve : emmener l’enfant, aujourd’hui âgé de bientôt 8 ans, en Mongolie, où se combinent les chevaux et le chamanisme, cette religion qui se caractérise notamment par le culte de la nature. Récit d’une formidable aventure dans "L’Enfant cheval" (Rupert Isaacson, Albin Michel, 20,90 €).
Source: La libre

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