mercredi 28 octobre 2009

Les chiens aboient, le déficit passe

Je ne le savais pas, mais il existait autrefois une taxe sur les chiens. Je l'ai appris en lisant une petite brève dans Marianne ce week-end et cela a titillé ma curiosité. Cette taxe avait été créée en 1855, et a été supprimée à la fin des années 1970. Elle était perçue par les communes, en même temps que la taxe d'habitation, et sa motivation première était de décourager la possession de chiens, afin de réduire le nombre d'accidents qu'ils causaient, si j'en crois les archives de l'hôtel de Ville de Paris dépouillées par un passionné d'histoire.

En 2000, peut-être exaspérés par les déjections qui ornent les trottoirs de Paris, cinq députés avaient voulu ressusciter le concept. Ils avaient déposé une proposition de loi pour permettre aux communes "d'instituer une taxe facultative sur les chiens", qu'ils proposaient de fixer à 500 francs au maximum. Cette idée a ressurgi dans le débat fin 2007, alors que plusieurs personnes avaient été grièvement blessées par des pitt-bulls. Un sénateur avait alors posé une question écrite au ministère de l'Intérieur pour lui demander de rétablir cette taxe afin de "dissuader la prolifération de ces animaux domestiques dans des conditions d'ailleurs parfois à la limite du bon sens (cas de gros chiens appartenant aux propriétaires d'un petit appartement…)".

Sans succès. Pour avoir une réponse positive, peut-être faudrait il plutôt la poser au ministère du Budget. Cette taxe permettrait en effet à l'Etat de continuer à afficher haut et fort qu'il n'augmente pas les impôts, puisqu'il laisserait le choix aux communes de mettre en place ou pas cette taxe canine. Et d'affronter éventuellement la grogne des amis des bêtes, déjà touchés, comme tout le monde, par la hausse des impôts locaux. Ensuite, cette taxe viendrait tout de même diminuer le déficit public, au sens de Maastricht - Etat, sécurité sociale, collectivités locales - de plusieurs centaines de millions d'euros. Pas négligeable, alors qu'il représente plus de 8% du PIB quand le plafond autorisé est de 3%. Eric Woerth aurait donc tout intérêt à bien soigner Médor et consorts.
 
Source: L'express

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