vendredi 6 novembre 2009

Un delphinarium en eaux troubles




Ouvert au public depuis mars dernier, le delphinarium de Planète sauvage se trouve de nouveau dans la tourmente. Le tribunal administratif de Nantes a en effet annulé, hier, un arrêté préfectoral de 2007 autorisant son ouverture au sein du parc animalier de Port-Saint-Père. La juridiction a estimé que la procédure d'enquête publique préalable à l'autorisation d'un delphinarium a été réalisée de façon « irrégulière ». Des informations complémentaires concernant l'impact environnemental ont en effet été apportées plus de quatre mois après la clôture de l'enquête publique. Trop tard pour le tribunal, qui juge que « le public n'a pas pu disposer d'une information aussi complète et claire que possible ».

« Cette décision est une grande victoire pour les cétacés », se réjouit l'association écologiste One voice, qui avait porté plainte aux côtés de l'association SOS Grand Bleu. « On se bat depuis 1997 contre l'ouverture de ce delphinarium qui porte atteinte aux conditions de vie des dauphins. Nous n'avions jamais perdu espoir. Mais on sait que le combat n'est pas terminé. » De son côté, Planète sauvage se veut rassurant et envisage de faire appel. « Nous ne sommes pas inquiets pour notre projet qui, d'évidence, plaît déjà beaucoup au public, indique la direction. Nous travaillons avec la préfecture pour trouver une solution provisoire permettant au delphinarium de rester ouvert en attendant une régularisation de la situation. » Arrivés à Port-Saint-Père fin 2008, les cinq dauphins Tursiops de Planète sauvage sont visibles du public jusqu'au 30 novembre. Le parc marquera ensuite une traditionnelle pause hivernale. W

Frédéric Brenon

Source: 20 minutes 



Après douze années de lutte contre le projet de 3e delphinarium en France, le Tribunal administratif de Loire-Atlantique vient de donner raison à One Voice et à SOS Grand Bleu qui avaient conjointement porté plainte. Selon les termes de la décision rendue le 4 novembre, l'arrêté qui avait autorisé l'ouverture du delphinarium a été annulé. Une grande victoire d’abord pour tous les cétacés. Rappel des faits.

C’est une histoire sans fin qui vient de trouver son épilogue. Une histoire de lutte entre les intérêts de l’industrie de la captivité et les droits des animaux. les dauphins ont le droit de vivre une vie de dauphin et non de clown-esclave dénaturé. La décision rendue par le Tribunal administratif de Loire-Atlantique vient couronner de succès la longue lutte menée à la fois par des associations de défense des animaux, des scientifiques et des politiciens soutenus par l'opinion publique. Tous ont tenté, pour des raisons éthiques ou environnementales, de s’opposer à l’ouverture de ce delphinarium.

Tout a commencé en 1997
Tout a commencé en 1997. Le parc zoologique alors nommé Safari Africain demande l’autorisation d’ouvrir un delphinarium... et se lance aussitôt dans la construction des bassins sans attendre le résultat de l’enquête publique. One Voice, SOS Grand Bleu et des associations locales s’opposent à cette ouverture et déposent un dossier circonstancié, tant sur le plan scientifique, environnemental qu’économique. De nombreuses actions pour alerter l’opinion publique sont également organisées. Les arguments sont entendus par la Ministre de l’environnement de l’époque, Madame Dominique Voynet. Elle refuse, en 1998, l’autorisation de transport des animaux et, de fait, ne permet pas l’ouverture d’un troisième delphinarium en France, les conditions environnementales n’étant pas, selon elle, remplies.

En 2007, le préfet autorise l’accueil de dauphins
En 2005, le parc zoologique, devenu Planète Sauvage, fait une nouvelle demande d’autorisation. Une seconde enquête publique est ouverte en juin 2006. Une fois de plus, One Voice et SOS Grand Bleu contre-attaquent avec un nouveau dossier et la mise en place de campagnes de mobilisation. En avril 2007, le préfet autorise l’accueil de dauphins dans les bassins de Port Saint-Père. Aussitôt la décision rendue, les deux associations intentent une action devant le Tribunal administratif, seul recours possible, pour demander l’annulation de l’arrêté préfectoral. Une action qui, près de deux ans plus tard, porte ses fruits. Mais entre temps, 5 dauphins assurent le spectacle, depuis avril 2009, en lieu et place des otaries qui occupaient les bassins en attendant leur arrivée.

Formidable occasion d’espérer
Cette décision ne va malheureusement pas permettre de libérer les 3 mâles et les 2 femelles arrivés à Port Saint-Père en janvier 2009. Le parc a décidé de faire appel. Mais cet appel n’est pas suspensif, l’arrêté préfectoral est annulé pour l’instant. Pour One Voice, cette décision offre une formidable occasion d'espérer une prise de conscience générale. Chacun a son rôle à jouer dans l’émergence d’une société respectueuse du vivant. Maintenir des dauphins en captivité est contre-nature et source de terribles souffrances pour les cétacés. La nature sauvage des océans ne peut se découvrir que libre le long des côtes, de Loire Atlantique ou d’ailleurs.

Interdire les delphinariums
Aujourd’hui, polluer et détruire l’environnement sont des actes inacceptables. Nous sommes désormais persuadés que l’Homme, à plus ou moins brève échéance, prendra conscience que l’exploitation des animaux n'est pas un choix éthique et responsable. Dans le prolongement de cette décision, la France aurait, selon nous, tout à gagner à interdire purement et simplement les delphinariums sur son territoire comme l’ont déjà fait le Costa Rica, le Chili, le Brésil ou la Grande-Bretagne.

Source: One Voice



Le 4 novembre 2009
Le tribunal administratif de Nantes a suivi les recommandations du Rapporteur public et annulé l’arrêté préfectoral qui, en 2007, avait autorisé l’ouverture d’un delphinarium au zoo Planète Sauvage (44).
One Voice et SOS Grand Bleu, les deux associations qui ont mené ce recours devant le tribunal, se réjouissent de cette décision.
La campagne contre l’ouverture d’un troisième delphinarium en France a débuté en 1997. Le parc zoologique alors nommé Safari Africain, demande l’autorisation d’ouvrir un delphinarium et construit des bassins. One Voice, SOS Grand Bleu et les associations locales entament alors une campagne d’opposition à ce projet, suite à laquelle, Dominique Voynet, ministre de l’Environnement, refuse d’accorder l’autorisation de transport des animaux, mettant ainsi un terme à ce projet.
En 2005, le parc zoologique, devenu Planète Sauvage, fait une nouvelle demande d’autorisation qui lui sera accordée en 2007. Les dauphins arrivent à Port-Saint-Père au début de l’année 2009.
Muriel Arnal, présidente de One Voice, déclare : « Les connaissances scientifiques concernant les dauphins, animaux hautement complexes mais aussi gravement menacés, ne laissent aujourd’hui aucun doute. Les maintenir en captivité et les dresser nuit considérablement à l’intégrité des dauphins. Les étudier scientifiquement dans un milieu dénaturé et confiné n’a pas de sens. One Voice va plus que jamais poursuivre son combat contre l’exploitation des cétacés. Dans une société assoiffée d’authenticité et de paix, le public ne pourra que prendre conscience de la souffrance de ces animaux dont la place est dans l’océan. Là, ils sont libres, là, ils peuvent exprimer leur vraie nature. »

Qui sont les dauphins ?
Des êtres d’une grande intelligence et sensibilité
Conscience de soi, capacité à attribuer des états mentaux aux autres et donc sujets à l’empathie, capacité à être sensibles, émus, compatissants, mais aussi, coopération, liens sociaux et amicaux, utilisation d’outils, traditions, cultures, langages et dialectes… les recherches menées sur le terrain depuis des décennies ont démontré la complexité des capacités cognitives des dauphins.

Importance cruciale du facteur social dans les sociétés particulièrement complexes où ils évoluent
Les dauphins comptent parmi les espèces animales les plus sociales et chaque individu tisse un important réseau relationnel au sein de la communauté. Les femelles entretiennent des liens de parenté parfois sur 4 générations successives. Briser ces liens complexes et particulièrement forts peut s’avérer fatal au dauphin en induisant stress, ennui et comportement d’automutilation.

Relation interspécifique
Il existe un lien très ancien entre les dauphins et les humains. Cette relation interspécifique est telle, que certains dauphins, comme certains humains, viennent en aide, parfois au risque de leur vie, à des membres de l'autre espèce, aussi bien dans la réalité que dans les mythes.

Des animaux menacés
Pollution : Les dauphins font partie des animaux les plus touchés par les pesticides, insecticides et produits toxiques s’écoulant des terres vers les mers.
Surpêche : 80% des sites de pêche sont surexploités rendant la nourriture de plus en plus rare.
Prises accessoires dans les filets : des millions de dauphins sont morts ces dernières années.
Harcèlement du public : la nage avec les dauphins dérange les zones de repos des dauphins.
Chasse sanglante : au Japon, 20000 petites baleines et dauphins sont massacrés chaque année.
Delphinarium : implication des delphinariums dans les massacres.
L’industrie de la captivité profite des captures pour s’approvisionner dans la nature.
Comme l’explique dans un courrier adressé à One Voice, Lori Marino, chercheuse à l’Université Emory (Atlanta) et spécialiste des dauphins : « Les dauphins sont des créatures très intelligentes, émotives et conscientes d’elles-mêmes, qui sont sociales et qui entretiennent des liens familiaux très forts, tout comme nous. Quand on capture des dauphins dans leur élément naturel, il arrive souvent qu’ils meurent à cause du stress. Enfin, leur existence en captivité est misérable et n’a rien à voir avec leur vie normale. Ils souffrent par conséquent d’un stress psychologique et émotionnel intense et d’un ennui extrême, et meurent souvent plus jeunes que dans leur élément naturel. »

Source: One Voice

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