mardi 17 novembre 2009

La delphinothérapie n’a aucune validité scientifique

Le Dr Lori Marino soutient One Voice dans sa campagne contre l’utilisation thérapeutique des dauphins.

Le Dr Lori Marino est une spécialiste du comportement des cétacés et des primates. Elle travaille depuis plusieurs années à l’université Emory à Atlanta, sur l’évolution du cerveau et des capacités cognitives chez les mammifères.

Elle apporte son soutien et sa caution scientifique à One Voice qui s’oppose à l’utilisation des dauphins à des fins thérapeutiques. Des dauphins en captivité sont en effet associés à des thérapies de plus en plus nombreuses concernant diverses affections psychologiques telles que l’autisme, mais également physiques ou physiologiques telles que la cécité ou le cancer… Or non seulement ces traitements n’ont aucune validité scientifique, mais ils sont dangereux pour les patients et cruels pour ces animaux d’une grande intelligence.



Le 12 septembre 2007

Je soutiens sans réserve One Voice dans son action auprès des législateurs européens pour obtenir l’interdiction d’utiliser des dauphins dans des programmes de « thérapie assistée par les dauphins » (TAD). Chercheuse à l’Université Emory, cela fait plus de dix-sept ans que j’étudie les dauphins et autres mammifères marins. J’ai publié plus de soixante-cinq articles sur l’intelligence et le comportement des dauphins. J’ai aussi étudié les arguments des promoteurs de la TAD.

Pendant plusieurs années, j’ai analysé tous les articles publiés concernant la TAD et je peux affirmer sans risque de me tromper que la TAD n’a aucune validité scientifique. Les méthodes utilisées par les professionnels de la TAD n’ont aucun fondement scientifique et les études qui existent comportent de sérieuses failles. J’ai joint à cette lettre deux articles publiés sur la TAD et révisés par des pairs, qui expliquent toutes les lacunes et tous les problèmes liés à cette pratique. J’y ai joint également une déclaration de principe que j’ai rédigée avec Scott Lilienfeld, qui résume les problèmes plus généraux que pose la TAD. Je tiens à répéter, dans les termes les plus formels, qu’il n’existe aucune preuve scientifique de l’efficacité de la TAD pour l’une quelconque des pathologies (autisme, troubles d’apprentissage, dystrophies musculaires, etc.) que l’on prétend traiter de cette manière.

Sachant que rien n’indique que la TAD permettrait de traiter avec succès des maladies, je suis consternée de constater que plusieurs pays ont mis en place ou envisagent de mettre en place de tels programmes. Moralement, il existe un certain nombre de raisons de trouver cela préoccupant. Premièrement, il s’agit de faire payer cher à des parents désespérés d’enfants malades un traitement qui n’a aucune validité. On les trompe et on exploite leur détresse. Deuxièmement, les enfants se retrouvent dans une situation qui peut être très dangereuse pour eux. En effet, les dauphins sont des animaux vifs et de grande taille, et l’on connaît de nombreux cas de personnes blessées par des dauphins en captivité, alors qu’elles nageaient en leur présence. Les enfants sont donc exposés à des risques élevés. Troisièmement, ma connaissance poussée des dauphins m’autorise à affirmer sans l’ombre d’un doute que les dauphins souffrent en captivité. Les dauphins sont des créatures très intelligentes, émotives et conscientes d’elles-mêmes, qui sont sociales et qui entretiennent des liens familiaux très forts, tout comme nous. Quand on capture des dauphins dans leur élément naturel, il arrive souvent qu’ils meurent à cause du stress. Enfin, leur existence en captivité est misérable et n’a rien à voir avec leur vie normale. Ils souffrent par conséquent d’un stress psychologique et émotionnel intense et d’un ennui extrême, et meurent souvent plus jeunes que dans leur élément naturel. Par conséquent, les programmes de TAD contribuent grandement à la souffrance de ces animaux.

J’implore les législateurs de faire cesser les activités de thérapie assistée par les dauphins. Il n’existe aucune preuve scientifique de la validité de ces méthodes, tandis que les preuves abondent du danger qu’elles représentent pour les humains comme pour les dauphins.

Bien sincèrement,

Lori Marino, Ph.D


Source: One Voice

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