mardi 17 novembre 2009

Le thon rouge de Méditerranée en danger à cause de captures illégales

MADRID (AFP) - Deux organisations de défense de la nature ont dénoncé mercredi des captures illégales de jeunes thons rouges en Méditerranée qui, selon elles, mettent en danger la pérennité de l'espèce et réclament la fermeture temporaire de cette pêche.

Greenpeace et WWF qui se basent sur une étude menée en 2009 par des experts indépendants de la société ATRT, se déclarent dans un communiqué "préoccupés par le très haut pourcentage de pêche de jeunes thons rouges, de taille inférieure à celle légale permise en Méditerranée".

Ces thons sont ensuite relâchés dans des fermes aquacoles --de vastes nasses placées en pleine mer-- où ils sont engraissés avant d'être vendus, le plus souvent au Japon pour être consommés crus sous forme de sushi.

"Toutes les données signalent le risque imminent d'effondrement" de cette espèce en Méditerranée, affirme dans le communiqué Celia Ojeda, responsable océans de Greenpeace.

"A ce niveau, la fermeture de la pêche et la protection des zones de reproduction sont les seules solutions, jusqu'à ce que l'espèce donne des signes évidents de récupération", poursuit Mme Ojeda.

Les deux ONG demandent à la Commission internationale pour la conservation des thonidés de l'Atlantique (ICCAT), actuellement réunie près de Recife (nord-est du Brésil), "l'adoption de mesures extraordinaires".

Selon l'étude citée par les deux ONG, 46% des thons rouges pêchés entre juillet 2008 et mai 2009 par les pêcheries espagnoles étaient de jeunes poissons qui n'avaient pas encore pu se reproduire.

Entre 8,4% et 21,1% du thon rouge engraissé en Méditerranée et vendu frais au Japon provient de captures illégales de jeunes poissons, affirment les deux organisations.

"Les scientifiques (de l'ICCAT, ndlr) ont estimé en octobre qu'il ne reste que 15% de la population originale de thon rouge et ces nouvelles données montrent que la pêche continue sans contrôle", a déclaré Raul Garcia, responsable pêche de WWF.

Il réclame la "fermeture temporaire" de la pêche et l'interdiction de son commerce au niveau international.

L'ICCAT a récemment mis en garde contre les "interprétations partielles" faites par "plusieurs organisations" de son rapport scientifique élaboré en octobre.

Source: Goodplanet

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